CULTURE/HISTOIRELE PEUPLE TEM Le peuple Tem, occupe un territoire couvrant la grande partie de la région centre du Togo, débordant au nord-est au Bénin. Il est constitué de diverses composantes. Aux autochtones, sont venus s’ajouter vers la fin du XVIIe siècle, les Gurmas, les Baribas et les Dagombas. Ensuite, il y a eu courant XVIIIe siècle, l’arrivée des peuples islamisés (Fofanas, Traorés, Tourés, etc...). Malgré cette diversité d’origine, ce peuple s’est constitué en une entité très homogène culturellement. Les villes les plus importantes des tems sont Bafilo et Sokodé. Cependant, on note une forte présence dans la capitale du Togo. Ce peuple connaît une forte émigration. C’est ainsi qu’on retrouve des populations relativement importantes au Ghana, au Burkina, au Gabon, en Europe et en Amérique.Cette dispersion n’empêche pas le Tem de rester très rattaché à sa région d’origine dont Sokodé constitue la capitale. Le peuple Tem est structuré en réseaux d’affiliation divers. Les structures extrêmes sont le « dugoré » et le « sèdi ». Le dugoré, littéralement vestibule ou la case d’accès à la concession, désigne la famille étendue. C’est un groupe généalogique issue d’un même ancêtre et sous l’autorité du patriarche c’est-à-dire l’aïeul vivant.Si à l’origine, tous les gens appartenant à un dugoré vivent dans la même concession, la croissance de la population a poussé certains membres à aller créer d’autres concessions ou maisons plus ou moins éloignées de la première. Cependant ils demeurent dépendant de la grande maison où réside le patriarche pour les affaires rituelles ou autres affaires familiales. Le patriarche est responsable du dugoré, il en défend les intérêts et représente le dugoré au conseil des anciens. Il se présente devant la justice (aussi bien comme accusé ou accusateur) soit collectivement pour le compte du dugoré ou individuellement comme garant d’un membre. Le sèdi ou clan constitue une structure beaucoup plus importante que le dugoré. Ses membres sont liés par une relation familiale de consanguinité. Il regroupe des dugorés situés dans un même village ou dispersés dans plusieurs villages. Cette dispersion ne porte pas atteinte à l’unité du clan. Ainsi, les Molas se retrouvent à Tchaoudjo, à Bafilo, à Adjéidè et à Fazao. Les membres d’un sèdi ont des pratiques coutumières communes, et le plus souvent des incisions faciales particulières ( caractéristiques d’appartenance à un clan). Les membres d’un même clan se doivent assistance mutuelle. Généralement à la tête du clan se trouve un doyen d’âge dont le rôle est essentiellement rituel. Le clan n’a pas globalement un rôle politique. Une fraction du clan, suivant sa localisation territoriale dans un cas peut détenir un rôle important à savoir occuper la chefferie ou le droit de désigner le chef,et dans d’autres cas, il n’aura aucun rôle significatif. Les corps de métier sont exclusivement le fait d’un clan ou d’un dugoré et ceci de génération en génération. Ainsi on est boucher, cordonnier, forgeron ou griot de père en fils. Ce système de partage des activités n’est pas comparable avec le système des castes tel qu’il se pratique ailleurs. Il n’y a pas de basse, ni de haute caste.Tout Kotocoli est un prince de quelque part. Les Kotokolis vivent dans les villages indépendants. Au sein de chaque village, on peut trouver plusieurs sèdis. Le sèdi fondateur du village occupe le rôle de chef et est propriétaire terrien. Les Molas de Tchaoudjo ont constitué un ensemble beaucoup plus grand comprenant huit villages ( Brini, Kadambara, Koma, Pangalam, Paratao, Tabalo, Tchavadé, Yèlivo ) , avec à leur tête un Ouro-esso ou chef supérieur choisi dans un des villages. Chaque village constitue une chefferie. Le choix du chef se fait selon un système assez codifié et respecté par tous. Les pratiques rituelles des Tems sont multiples. Il n’y a pas de rite collectif d’initiation en dehors des fêtes traditionnelles (Adossa, Gadao, Souwa ), les funérailles et les fêtes religieuses. Les fêtes traditionnelles sont des rites agraires ou fêtes de la moisson, célébrées après les récoltes pour remercier le génie protecteur. C’est le cas de souwa à Bafilo et de gadao à Sokodé. Ces fêtes qui durent deux à trois jours, sont marquées par des libations et des danses. Beaucoup de fils du pays reviennent au bercail en ces moments. Les Kotocolis se donnent les moyens pour être présents à ces fêtes. Le Liza une autre pratique rituelle est un être surnaturel censé représenter Dieu sur terre. Il est sous la responsabilité d’un prêtre qui détient les clés de sa pratique. Le culte consiste en des sacrifices et libations, accompagnés de prières. Le Liza est invoqué pour demander l’aide, la protection temporaire ou permanente, ou pour réparer les offenses commises par la violation des interdits claniques. Il soigne les maladies, la stérilité et punit les voleurs et les sorciers. Chaque clan a son Liza. Cependant,il existe des Lizas dont l’influence est reconnue au delà du clan. Le culte des ancêtres s’exerce surtout lors des funérailles. Les manifestations rassemblent les membres du dugoré, les familles alliées par le mariage. Ces cérémonies, au cours desquelles il y a beaucoup de cadeaux en nature et en numéraire, sont souvent grandioses. L’islam est apparu au XVIII e siècle Il est rare de trouver aujourd’hui un quartier ou un village qui n’a pas sa mosquée. L’islam est tellement développé que Kotocoli est devenu synonyme de musulman. |